Rien que pour... ce visage beau et tragique
Ce visage, c'est celui de la puissante Vicky Krieps, incarnant Clémence dans Love Me Tender, et irradiant chacun des plans. Le film, librement adapté du livre de Constance Debré, raconte le combat d'une femme à qui l'on retire la garde de son fils après qu'elle a confié à son ex-mari qu'elle aime les femmes. C'est une œuvre pleine d'amour, d'une tendresse folle, opposée à une injustice implacable. Clémence déploie une noblesse rare dans ce drame presque shakespearien où elle affronte un pervers narcissique manipulateur. Mais les vagues successives du malheur entament peu à peu sa résilience, comme ces flux musicaux qui envahissent l'image tandis que son visage se fissure et se brise.
Anna Cazenave Cambet signe un film magistral, d'une beauté singulière, auréolé en novembre du prix du meilleur film réalisé par une femme au Festival international du cinéma de Gijón. Ce n'est pas si souvent qu'un film frappe aussi fort. Alors, en sortant de la séance, après s'être essuyé les yeux, la première impulsion est d'appeler ses enfants pour leur dire qu'on les aime. Qu'on les aime tendrement. Love Me Tender.
Love Me Tender d'Anna Cazenave Cambet, sortie le 10 décembre