À Monaco, des classiques en série
Pour la 2e partie de sa 22e saison, l'Institut audiovisuel de Monaco continue de dévoiler une sélection de véritables pépites de l'histoire du 7e Art, dans le cadre de ses rendez-vous Tout l'Art du Cinéma. Morceaux choisis.
En séance d'ouverture, le 6 janvier au Théâtre des Variétés : New York-Miami de Frank Capra (1934). Un pur exemple de comédie romantique à l'américaine, sur fond de road trip, dont la fabrication fut particulièrement compliquée, les deux acteurs principaux ayant été des seconds choix, après le refus d'une demi-douzaine d'autres. Pourtant, le film, bouclé en quatre semaines, fut le premier à réaliser, en 1935, le grand chelem des cinq Oscars les plus prestigieux : meilleur film, meilleur scénario (pour Robert Riskin), meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleure actrice. À l'écran, Claudette Colbert (née Émilie Chauchoin) et Clark Gable marquent alors l'époque et les esprits : lui, lors de la séquence où il croque une carotte en parlant – qui aurait inspiré le dessinateur Fritz Freleng pour son personnage de Bugs Bunny ; elle, lorsqu'elle soulève sa jupe et montre ses jambes en faisant de l'auto-stop. Deux instants devenus mythiques dans l'histoire du cinéma ! Par ailleurs, Frank Capra figure parmi les plus grands, grâce à L'Extravagant Mr Deeds (1936), Mr Smith au Sénat (1939), Arsenic et vieilles dentelles (1944) et surtout le formidable La vie est belle (1946), film le plus diffusé chaque année à Noël par les chaînes américaines, devenu un classique incontournable.
Le 13 janvier, on verra La maison et le monde de Satyajit Ray (1984). Auteur de 36 films et documentaires, le grand cinéaste indien, qui fut l'assistant de Jean Renoir sur Le Fleuve, a lui aussi marqué l'histoire du cinéma avec, notamment, Le Salon de musique (1958), La Déesse (1960) ou L'Adversaire (1970).
Puis, le 26 janvier, place à une tradition hivernale : la masterclass proposée en partenariat avec la Fondation Prince Pierre de Monaco. La leçon de cinéma sera cette année assurée par Nicolas Philibert autour de La mise en scène documentaire. Ancien stagiaire puis assistant aux côtés de René Allio, il a obtenu, en même temps que le Prix Louis-Delluc, un succès mérité avec Être et avoir (2002), puis a été récompensé à Berlin en 2023 par l'Ours d'or, avec Sur l'Adamant. Le cinéaste évoquera son travail de metteur en scène documentaire et, selon les mots de Jacques Kermabon, programmateur de l'Institut monégasque, "prolongera, extraits de films à l'appui, divers questionnements : y a-t-il des partis pris qui président à la mise en scène ? Celle-ci relève-t-elle de principes généraux, de cadres éthiques que le cinéaste se donne, ou d'un mode opératoire qui s'impose au regard de la réalité filmée pour se réinventer à chaque projet ?"
Parmi les projections à ne pas manquer, notons, le 3 février, Indiscrétions de George Cukor (1940), autre grand maître de la comédie américaine – mais pas seulement – réunissant James Stewart, Cary Grant et Katharine Hepburn, dans un film devenu culte, que l'on revoit toujours avec plaisir. Et le 10 février : Sous le soleil de Satan, Palme d'or à Cannes en 1987, dans lequel Maurice Pialat adapte le roman de Georges Bernanos (1926), avec Gérard Depardieu et Sandrine Bonnaire. Œuvre majeure dans la filmographie de Pialat, elel continue de diviser ; l'occasion rêvée de se (re)faire une opinion. La séance sera présentée par Paul Léon, maître de conférences à l'Université de Nice-Sophia Antipolis (littérature française du XXe siècle et cinéma). Au total, 11 "classiques" sont à l'affiche jusqu'en mars prochain.
6 jan au 10 mars, Théâtre des Variétés & Petite Salle de l'Institut, Monaco. Rens: institut-audiovisuel.mc